OPTIMUM - NOVEMBRE 2007/5 25/11/2007
OPTIMUM - NOVEMBRE 2007/4 25/11/2007
OPTIMUM - NOVEMBRE 2007/3 25/11/2007
OPTIMUM - NOVEMBRE 2007/2 25/11/2007
OPTIMUM - NOVEMBRE 2007/1 25/11/2007
GEORGES MOREAS...se souvient... 25/11/2007
SULAK ASSASSINE...
Bruno Sulak – Le 25 janvier 1982, Bruno Sulak est interpellé à Paris. C'est le résultat de huit mois de travail soutenu, pour tout un groupe de l'OCRB. Car, le bougre, il nous a donné du fil à retordre !
Il faut dire que l'appât ne manque pas de charme. Elle se prénomme Chantal... Sulak, c'est le genre de type qui te réconcilie avec ton métier. C'est un voleur. Il assume. On lui pose des questions, il y répond. Et il ne balance pas ses copains. Ce qui ne nous arrange pas, mais on apprécie. Il part pour la prison avec une douzaine de braquages sur la conscience, notamment au préjudice de grandes bijouteries. Il n'y restera pas longtemps.
Le 21 juillet, dans le train Montpellier-lyon, deux hommes braquent les gendarmes qui l'escortent, et il prend la poudre d'escampette. Durant cette cavale, il m'appelle régulièrement, non pas pour m'insulter ou me provoquer, mais juste pour parler – ou pour se faire peur. À tel point que de gentils collègues font courir des bruits sur ces relations «contre-nature» et je suis contraint de me justifier auprès de ma hiérarchie et du magistrat instructeur.
Le 12 novembre, un copain de Sulak, Jean-Louis Secreto, s'évade de la maison d'arrêt où il est incarcéré, grâce à une complicité extérieure. Futés, on se dit : Tiens, si c'était Sulak ! Deux mois plus tard, une patrouille du commissariat des Mureaux, dans les Yvelines, se permet « un délit de sale gueule » envers deux occupants d'une voiture. Il s'agit de Marc Mill, une relation de notre évadé, et Anthony Delon, le fils du comédien. Dans le véhicule, ils découvrent des cagoules et un pistolet MAC 50, qui, vérification faite, est l'une des armes volées aux gendarmes dans le train Montpellier-Lyon. On avance, on avance. Mais, le fils d'Alain Delon soupçonné de tentative de braquage, ça intéresse les médias. Je passe mon temps à rédiger des notes à Pierre, Paul et Jacques, pour expliquer le pourquoi du comment. L'influence de Delon est énorme. Son fils ne restera qu'une semaine ou deux derrière les barreaux, et la presse, courageusement, oubliera l'incident. La justice aussi, semble-t-il.
Quant à Sulak, il est interpellé bien plus tard, à la frontière espagnole, avec de faux papiers. Il revient du Brésil. Il se fait passer pour un journaliste suédois homosexuel qui fuit pour échapper aux poursuites de sa femme. C'est tellement gros, et tellement bien joué, que tout le monde y croit. Il est écroué sous une fausse identité. Un délit bien mineur pour lui. Il faudra le flair d'un vieux routier de l'OCRB pour le percer à jour. In extremis. «À un jour près, j'étais libre, cette sacrée chance m'a bel et bien laissé tomber…» Cette phrase est une citation du livre de Pauline Sulak, Bruno Sulak, aux éditions Carrère.
Il ne savait pas à quel point il disait vrai. Un peu plus tard, avec son complice (et ami) Radisa Jovanovic, dit Steves, il organise son évasion par hélicoptère. Mais la police de l'air et des frontières (PAF) a eu vent de l'opération. Le SRPJ de Bordeaux est informé – mais pas l'OCRB. Une souricière est tendue, au cours de laquelle Steves est abattu. Sulak en veut à la terre entière. Et surtout aux flics pour avoir (d'après lui) tiré trop vite et sans doute à lui-même pour avoir entraîné son ami dans cette galère.
De procès en procès, il se retrouve à Fleury-Mérogis. C'est un détenu sans histoire. Il intériorise sa révolte et la communique dans l'Autre Journal. Seule sa notoriété lui vaut parfois des accrochages avec un geôlier grincheux ou un compagnon d'infortune envieux. La prison est une microsociété qui amplifie les imperfections de la société tout court. En mars 1985, après avoir convaincu un jeune cadre de l'administration pénitentiaire de l'aider, il tente de s'évader. Il est surpris par des gardiens, et, après une courte lutte, il fait une chute de sept mètres. Il s'écrase sur une dalle en ciment. À ce jour, ses proches sont encore persuadés qu'il a été assassiné.
moreas@club.lemonde.fr
Il faut dire que l'appât ne manque pas de charme. Elle se prénomme Chantal... Sulak, c'est le genre de type qui te réconcilie avec ton métier. C'est un voleur. Il assume. On lui pose des questions, il y répond. Et il ne balance pas ses copains. Ce qui ne nous arrange pas, mais on apprécie. Il part pour la prison avec une douzaine de braquages sur la conscience, notamment au préjudice de grandes bijouteries. Il n'y restera pas longtemps.
Le 21 juillet, dans le train Montpellier-lyon, deux hommes braquent les gendarmes qui l'escortent, et il prend la poudre d'escampette. Durant cette cavale, il m'appelle régulièrement, non pas pour m'insulter ou me provoquer, mais juste pour parler – ou pour se faire peur. À tel point que de gentils collègues font courir des bruits sur ces relations «contre-nature» et je suis contraint de me justifier auprès de ma hiérarchie et du magistrat instructeur.
Le 12 novembre, un copain de Sulak, Jean-Louis Secreto, s'évade de la maison d'arrêt où il est incarcéré, grâce à une complicité extérieure. Futés, on se dit : Tiens, si c'était Sulak ! Deux mois plus tard, une patrouille du commissariat des Mureaux, dans les Yvelines, se permet « un délit de sale gueule » envers deux occupants d'une voiture. Il s'agit de Marc Mill, une relation de notre évadé, et Anthony Delon, le fils du comédien. Dans le véhicule, ils découvrent des cagoules et un pistolet MAC 50, qui, vérification faite, est l'une des armes volées aux gendarmes dans le train Montpellier-Lyon. On avance, on avance. Mais, le fils d'Alain Delon soupçonné de tentative de braquage, ça intéresse les médias. Je passe mon temps à rédiger des notes à Pierre, Paul et Jacques, pour expliquer le pourquoi du comment. L'influence de Delon est énorme. Son fils ne restera qu'une semaine ou deux derrière les barreaux, et la presse, courageusement, oubliera l'incident. La justice aussi, semble-t-il.
Quant à Sulak, il est interpellé bien plus tard, à la frontière espagnole, avec de faux papiers. Il revient du Brésil. Il se fait passer pour un journaliste suédois homosexuel qui fuit pour échapper aux poursuites de sa femme. C'est tellement gros, et tellement bien joué, que tout le monde y croit. Il est écroué sous une fausse identité. Un délit bien mineur pour lui. Il faudra le flair d'un vieux routier de l'OCRB pour le percer à jour. In extremis. «À un jour près, j'étais libre, cette sacrée chance m'a bel et bien laissé tomber…» Cette phrase est une citation du livre de Pauline Sulak, Bruno Sulak, aux éditions Carrère.
Il ne savait pas à quel point il disait vrai. Un peu plus tard, avec son complice (et ami) Radisa Jovanovic, dit Steves, il organise son évasion par hélicoptère. Mais la police de l'air et des frontières (PAF) a eu vent de l'opération. Le SRPJ de Bordeaux est informé – mais pas l'OCRB. Une souricière est tendue, au cours de laquelle Steves est abattu. Sulak en veut à la terre entière. Et surtout aux flics pour avoir (d'après lui) tiré trop vite et sans doute à lui-même pour avoir entraîné son ami dans cette galère.
De procès en procès, il se retrouve à Fleury-Mérogis. C'est un détenu sans histoire. Il intériorise sa révolte et la communique dans l'Autre Journal. Seule sa notoriété lui vaut parfois des accrochages avec un geôlier grincheux ou un compagnon d'infortune envieux. La prison est une microsociété qui amplifie les imperfections de la société tout court. En mars 1985, après avoir convaincu un jeune cadre de l'administration pénitentiaire de l'aider, il tente de s'évader. Il est surpris par des gardiens, et, après une courte lutte, il fait une chute de sept mètres. Il s'écrase sur une dalle en ciment. À ce jour, ses proches sont encore persuadés qu'il a été assassiné.
moreas@club.lemonde.fr
LE MONDE 1984 25/11/2007
SULAK ASSASSINE...
PROCES VERBAL DU SOIR DE L'ASSASSINAT DE BRUNO... 26/02/2007
Bruno Sulak - un livre à paraitre prohainement ! 29/01/2007
SULAK ASSASSINE...
Ce livre je l'ai constitué de phrases, réflexions, articles et réflexions de lui et des autres...
Les illustrations sont en grande majorité de Miss Tic à laquelle appartiennent tous les droits et copyright.
Les oeuvres de Miss Tic sont consultables sur le net, ici : http://www.missticinparis.com/
Les illustrations sont en grande majorité de Miss Tic à laquelle appartiennent tous les droits et copyright.
Les oeuvres de Miss Tic sont consultables sur le net, ici : http://www.missticinparis.com/
BRAINWASH....'SULAK' 29/01/2007
SULAK ASSASSINE...
Pour ceux que ça intéresse, une bio rapide de Brainwash trouvée sur internet, ici http://tdlc.lav1.free.fr/brainwash.htm
Mais moi, ce qui m'a touchée, c'est qu'ils ont eu, à leur manière, envie de rendre hommage à Bruno...MERCI
Vous pouvez écouter leur morceau en fin d'article.
Groupe punk caennais né en 1978 influencé par SHAM 69, STIFF LITTLE FINGERS et UK SUBS. Egalement de Brainwash, un titre sur la double compile "1984 the second" compilation double LP (New wave - NW 015, 3100 ex) 1985) avec le titre "état d'urgence", et un sur "77 KK volume 2" Compilation LP (77 records - KK 006) avec le titre "Sulak".
You can also hear one BRAINWASH title on double sampler "1984 - the second" compilation double LP (New wave - NW 015, 3100 ex) 1985 avec le titre "état d'urgence", and one on "77 KK volume 2" Compilation LP (77 records - KK 006) avec le titre "Sulak".
A noter également la sortie de 3 k7 demo :
- "état d'urgence" K7 démo (Autoprod) Décembre 1983
- "état d'urgence"K7 démo (Autoprod) Janvier 1985
- K7 démo & live (Autoprod) 1985
Formation
Pascal: Chant
René: Batterie
Jean Guy: Guitare
Marshall: Bass
Denis GRANGER: Claviers, Keyboards
Mais moi, ce qui m'a touchée, c'est qu'ils ont eu, à leur manière, envie de rendre hommage à Bruno...MERCI
Vous pouvez écouter leur morceau en fin d'article.
Groupe punk caennais né en 1978 influencé par SHAM 69, STIFF LITTLE FINGERS et UK SUBS. Egalement de Brainwash, un titre sur la double compile "1984 the second" compilation double LP (New wave - NW 015, 3100 ex) 1985) avec le titre "état d'urgence", et un sur "77 KK volume 2" Compilation LP (77 records - KK 006) avec le titre "Sulak".
You can also hear one BRAINWASH title on double sampler "1984 - the second" compilation double LP (New wave - NW 015, 3100 ex) 1985 avec le titre "état d'urgence", and one on "77 KK volume 2" Compilation LP (77 records - KK 006) avec le titre "Sulak".
A noter également la sortie de 3 k7 demo :
- "état d'urgence" K7 démo (Autoprod) Décembre 1983
- "état d'urgence"K7 démo (Autoprod) Janvier 1985
- K7 démo & live (Autoprod) 1985
Formation
Pascal: Chant
René: Batterie
Jean Guy: Guitare
Marshall: Bass
Denis GRANGER: Claviers, Keyboards
Brainwash-Sulak.mp3
(3.34 MB)
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LA LUCARNE DU GRENIER 11/06/2006
SULAK ASSASSINE...
LIBERATION – 1985 -
BRUITS DE TAULE
Écoutez-le tomber…
Paris – 20 mars 1985 –
Libé, je vais de surprise en surprise avec toi tout de même…Tu m'informes sur presque deux pages, hier, de la malheureuse tentative d'évasion de Bruno Sulak.
Suit un résumé succinct de sa « vie » (après tout, il est presque mort !) Today, tu remets ça et dans la descriptive de sa tentative de belle, tu m'apprends que les surveillants de ronde cette nuit là, se sont accrochés à ses vêtements alors qu'il se précipitait vers une fenêtre du deuxième étage.
Pourquoi ne pas te faire l'écho de ce qui est sur toutes les lèvres, d'un côté ou de l'autre des « murs » ? Ouvre donc le débat, fais ton boulot, la question en suspens reste : les surveillants ont-ils tenté d'empêcher Bruno Sulak de sauter en s'accrochant désespérément à ses vêtements ou bien l'ont-ils un peu « aidé » à sauter ?
Même si Bruno s'en sort…sera t'il en mesure de nous « éclairer » sur les pratiques des surveillants face à un « tenté de cavale » ?
On en doute…on l'a trépané.
BRUITS DE TAULE
Écoutez-le tomber…
Paris – 20 mars 1985 –
Libé, je vais de surprise en surprise avec toi tout de même…Tu m'informes sur presque deux pages, hier, de la malheureuse tentative d'évasion de Bruno Sulak.
Suit un résumé succinct de sa « vie » (après tout, il est presque mort !) Today, tu remets ça et dans la descriptive de sa tentative de belle, tu m'apprends que les surveillants de ronde cette nuit là, se sont accrochés à ses vêtements alors qu'il se précipitait vers une fenêtre du deuxième étage.
Pourquoi ne pas te faire l'écho de ce qui est sur toutes les lèvres, d'un côté ou de l'autre des « murs » ? Ouvre donc le débat, fais ton boulot, la question en suspens reste : les surveillants ont-ils tenté d'empêcher Bruno Sulak de sauter en s'accrochant désespérément à ses vêtements ou bien l'ont-ils un peu « aidé » à sauter ?
Même si Bruno s'en sort…sera t'il en mesure de nous « éclairer » sur les pratiques des surveillants face à un « tenté de cavale » ?
On en doute…on l'a trépané.
L'appel des detenus de Fleury-Mérogis du 18 avril 1985... 11/06/2006
SULAK ASSASSINE...
Voltaire réveille toi ! Les humanistes au pouvoir sont devenus fous…
Hier, on assassinait Mesrine et toute la gauche s'indignait…Aujourd'hui, on tue Bruno Sulak à coups de barres de fer qui servent à sonder les barreaux et dont s'arment les surveillants pour les rondes de nuit, puis on félicite chaudement les matons (le maton-joueur de rugby ferait mieux d'avoir honte plutôt que de narrer au mess de Fleury son exploit à coups de barre de fer sur Bruno)…
Le corps médical subit des pressions, le cadavre est montré à la famille protégé d'un drap…On n'aperçoit que le visage, du côté où on ne voit pas la plaie provoquée par un coup de barre de fer.
SULAK EST MORT ASSASSINE, LAPIDE DE COUPS.
Sulak comme Mirval…et la gauche humaniste se montre répressivement plus efficace que la droite. Répressive et tout aussi assassine ! Michel Foucault est mort en serrant la main à Badinter, en toute confiance ! Sartre avait effleuré le livre noir de la pénitentiaire avec un peu d'espoir…
La Ligue des Droits de l'Homme est aux abonnés absents, le syndicat de la Magistrature s'est endormi dans ses promotions hiérarchiques, vive la gauche ! Les intellectuels mangent dans la main des maîtres socialistes…Et se taisent…Et pourtant…Le haro au laxisme de l'opposition et l'œuvre réactionnaire d'une gauche empressée à se purger de ce pseudo-laxisme accouchent d'une réalité répressive jamais connue en France…(…) …
73 signatures jointes…
Hier, on assassinait Mesrine et toute la gauche s'indignait…Aujourd'hui, on tue Bruno Sulak à coups de barres de fer qui servent à sonder les barreaux et dont s'arment les surveillants pour les rondes de nuit, puis on félicite chaudement les matons (le maton-joueur de rugby ferait mieux d'avoir honte plutôt que de narrer au mess de Fleury son exploit à coups de barre de fer sur Bruno)…
Le corps médical subit des pressions, le cadavre est montré à la famille protégé d'un drap…On n'aperçoit que le visage, du côté où on ne voit pas la plaie provoquée par un coup de barre de fer.
SULAK EST MORT ASSASSINE, LAPIDE DE COUPS.
Sulak comme Mirval…et la gauche humaniste se montre répressivement plus efficace que la droite. Répressive et tout aussi assassine ! Michel Foucault est mort en serrant la main à Badinter, en toute confiance ! Sartre avait effleuré le livre noir de la pénitentiaire avec un peu d'espoir…
La Ligue des Droits de l'Homme est aux abonnés absents, le syndicat de la Magistrature s'est endormi dans ses promotions hiérarchiques, vive la gauche ! Les intellectuels mangent dans la main des maîtres socialistes…Et se taisent…Et pourtant…Le haro au laxisme de l'opposition et l'œuvre réactionnaire d'une gauche empressée à se purger de ce pseudo-laxisme accouchent d'une réalité répressive jamais connue en France…(…) …
73 signatures jointes…
LIBERATION - 1985 11/06/2006
SULAK ASSASSINE...
N'EN JETEZ PLUS
Moi, Sulak et moi…
L'œil est sec, pas de vrai chagrin , le pincement au cœur est muet et froid comme le béton de Fleury. Et pourtant tu es mort ! Le 14 mars dernier, nous avions été transférés ensemble. Le Palais de Justice de Paris en état de siège…Sous le regard inculte et soupçonneux de la marée chaussée, nous avions conversé sur les livres, les auteurs, les méthodes d'écriture…Je te percevais intérieurement triste, trempé dans le courage, la sensibilité du cœur, l'intelligence et fondamentalement « libre » - EUX, leurs mains sales sur toi – EUX et la mort…
Après nos derniers sourires, ils t'ont fait sortir du dépôt avant moi et t'ont demandé d'enlever tes baskets, t'ont fouillé – tu les as laissé faire, le regard ailleurs, leur manifestant sous cette forme décontractée que tu n'habitais pas ce monde et puis les menottes, ton départ, tes dernières paroles où m'obsède l'écran de la vision : « Salut ! Roger…allez, tiens bon, ils seront obligés de te mettre dehors, on les aura… »
A l'étage du dessus un type, une voix est sortie de la cage « Salut Bruno ! »
Tes derniers compagnons de Fleury, Philippe, pierrot, Momo, Patrick, Kiou, Dédé, Alain, Manu, Jean-pierre, Pierrot sont blancs de rage et assommés d'impuissance. A l'intérieur des murs, on sait les coups de crosse, les coups de ra,ngers, les mains matonnes qui t'ont déséquilibré t précipité dans le vide. On sait L'ASSASSINAT ! Légal !
De tes cris, d'autres plus anonymes. Bruno, tu détestais la violence…Mais leur violence à eux t'a arraché la vie…
Le Garde des Sceaux a félicité les agents de cette larve sécuritaire. Le big humaniste a supprimé la guillotine tout en étant meilleur bourreau. Des suicides, des morts faute de soins, la montée de la frénésie répressive : il totalise les chiffres records…Mieux que ses prédécesseurs depuis 1945. Enfin, il cautionne, il félicite.
Je sais, on n'était pas d'accord, ta critique était plus modérée. Mais tu vois, je te parle encore et tu ne risques plus de me répondre…
Bruno Sulak, le charmant, Bruno Sulak, l'écrivain talentueux. Est-ce la vie qui continue ? Est-ce la mort ? En attendant, adieu…Adieu l'Ami !
ROGER KNOBELPIESS
Moi, Sulak et moi…
L'œil est sec, pas de vrai chagrin , le pincement au cœur est muet et froid comme le béton de Fleury. Et pourtant tu es mort ! Le 14 mars dernier, nous avions été transférés ensemble. Le Palais de Justice de Paris en état de siège…Sous le regard inculte et soupçonneux de la marée chaussée, nous avions conversé sur les livres, les auteurs, les méthodes d'écriture…Je te percevais intérieurement triste, trempé dans le courage, la sensibilité du cœur, l'intelligence et fondamentalement « libre » - EUX, leurs mains sales sur toi – EUX et la mort…
Après nos derniers sourires, ils t'ont fait sortir du dépôt avant moi et t'ont demandé d'enlever tes baskets, t'ont fouillé – tu les as laissé faire, le regard ailleurs, leur manifestant sous cette forme décontractée que tu n'habitais pas ce monde et puis les menottes, ton départ, tes dernières paroles où m'obsède l'écran de la vision : « Salut ! Roger…allez, tiens bon, ils seront obligés de te mettre dehors, on les aura… »
A l'étage du dessus un type, une voix est sortie de la cage « Salut Bruno ! »
Tes derniers compagnons de Fleury, Philippe, pierrot, Momo, Patrick, Kiou, Dédé, Alain, Manu, Jean-pierre, Pierrot sont blancs de rage et assommés d'impuissance. A l'intérieur des murs, on sait les coups de crosse, les coups de ra,ngers, les mains matonnes qui t'ont déséquilibré t précipité dans le vide. On sait L'ASSASSINAT ! Légal !
De tes cris, d'autres plus anonymes. Bruno, tu détestais la violence…Mais leur violence à eux t'a arraché la vie…
Le Garde des Sceaux a félicité les agents de cette larve sécuritaire. Le big humaniste a supprimé la guillotine tout en étant meilleur bourreau. Des suicides, des morts faute de soins, la montée de la frénésie répressive : il totalise les chiffres records…Mieux que ses prédécesseurs depuis 1945. Enfin, il cautionne, il félicite.
Je sais, on n'était pas d'accord, ta critique était plus modérée. Mais tu vois, je te parle encore et tu ne risques plus de me répondre…
Bruno Sulak, le charmant, Bruno Sulak, l'écrivain talentueux. Est-ce la vie qui continue ? Est-ce la mort ? En attendant, adieu…Adieu l'Ami !
ROGER KNOBELPIESS
Bruno Sulak, assassiné... 11/06/2006
SULAK ASSASSINE...
On est en droit de s'interroger sur les raisons et les folies qui amènent un individu à transgresser les règles d'une vie en société et les moyens qu'il emploie.
Bruno Sulak n'est pas né par hasard, il est l'enfant d'une société humaine qui l'a portée bien plus de neufs mois avant de le faire naître.
Bruno Sulak n'a fait que transgresser la loi pour contraindre ses semblables à s'interroger sur la pertinence de son application et sa justice.
Il l'a fait en employant le chemin de ceux qui pensent que « détrousser le voleur légitimé par la loi » est une œuvre de salut public. Il a choisi de faire sien cet adage populaire « voler au voleur le bon dieu en rit ».
Les bijouteries, symboles du superflu voire de l'inutile, lui paraissaient être le meilleur moyen de dénoncer les errances de systèmes sclérosés par l'opulence insolente des nantis.
Pas de sang, pas de larmes, juste le sourire du voleur, amusé de faire courir le gendarme.
Il a toujours accepté ses condamnations même s'il les considéraient disproportionnées, il n'a jamais accepté ses conditions de détentions qui relevaient plus de la vengeance que de la seule privation de liberté.
Sa vrai faute a sans doute été d'être trop lucide et de ne pouvoir faire autrement que de dénoncer. La société fait naître et mourir au gré de ses besoins.
Personne n'est bon ou mauvais. Cet équilibre, même s'il paraît fragile, reste le garant de ce miracle permanent que l'on appelle la vie.
Bruno Sulak n'est pas mort car si tel était le cas, il n'aurait jamais été manifesté.
Qu'avons nous appris, qu'avons nous compris de cette lumière éphémère venue éclairer notre route ?
Ce livre sera essentiellement composé d'entrevues qui, par leurs contenus, permettront de retracer l'ensemble de la vie de Bruno Sulak et ses implications sur ceux qui l'ont connu, croisé, combattu : famille, policiers, juges, avocats, amis, gardiens…
Chacun pourra y projeter une part de sa vie, de son rêve, de sa révolte, de sa douleur…
Tous nous l'espérons auront envie de s'interroger sur le destin d'un homme dont le seul crime fut de naître.
Tayeb Belmihoub
Bruno Sulak n'est pas né par hasard, il est l'enfant d'une société humaine qui l'a portée bien plus de neufs mois avant de le faire naître.
Bruno Sulak n'a fait que transgresser la loi pour contraindre ses semblables à s'interroger sur la pertinence de son application et sa justice.
Il l'a fait en employant le chemin de ceux qui pensent que « détrousser le voleur légitimé par la loi » est une œuvre de salut public. Il a choisi de faire sien cet adage populaire « voler au voleur le bon dieu en rit ».
Les bijouteries, symboles du superflu voire de l'inutile, lui paraissaient être le meilleur moyen de dénoncer les errances de systèmes sclérosés par l'opulence insolente des nantis.
Pas de sang, pas de larmes, juste le sourire du voleur, amusé de faire courir le gendarme.
Il a toujours accepté ses condamnations même s'il les considéraient disproportionnées, il n'a jamais accepté ses conditions de détentions qui relevaient plus de la vengeance que de la seule privation de liberté.
Sa vrai faute a sans doute été d'être trop lucide et de ne pouvoir faire autrement que de dénoncer. La société fait naître et mourir au gré de ses besoins.
Personne n'est bon ou mauvais. Cet équilibre, même s'il paraît fragile, reste le garant de ce miracle permanent que l'on appelle la vie.
Bruno Sulak n'est pas mort car si tel était le cas, il n'aurait jamais été manifesté.
Qu'avons nous appris, qu'avons nous compris de cette lumière éphémère venue éclairer notre route ?
Ce livre sera essentiellement composé d'entrevues qui, par leurs contenus, permettront de retracer l'ensemble de la vie de Bruno Sulak et ses implications sur ceux qui l'ont connu, croisé, combattu : famille, policiers, juges, avocats, amis, gardiens…
Chacun pourra y projeter une part de sa vie, de son rêve, de sa révolte, de sa douleur…
Tous nous l'espérons auront envie de s'interroger sur le destin d'un homme dont le seul crime fut de naître.
Tayeb Belmihoub
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