"Sur ce désert qu'est le monde..."
17/08/2009LA PIECE DE THEATRE
La pièce de théâtre est prête. Elle s'intitule :
"Sur ce désert qu'est le monde, je verserais une larme, une de celles qui ne s'évaporent jamais"
Bruno Sulak
Si vous souhaitez devenir producteur de cette pièce, vous avez la possibilité de participer à hauteur minimum de 30 euros et plus bien sûr... Nous avons besoin de 3500 personnes pour produire et organiser la tournée de la pièce.
En échange de votre "mécénat culturel et individuel" nous vous offrons 2 places VIP pour voir la pièce, un accès "Coulisses" et une soirée avec l'équipe de la pièce.
"Sur ce désert qu'est le monde, je verserais une larme, une de celles qui ne s'évaporent jamais"
Bruno Sulak
Si vous souhaitez devenir producteur de cette pièce, vous avez la possibilité de participer à hauteur minimum de 30 euros et plus bien sûr... Nous avons besoin de 3500 personnes pour produire et organiser la tournée de la pièce.
En échange de votre "mécénat culturel et individuel" nous vous offrons 2 places VIP pour voir la pièce, un accès "Coulisses" et une soirée avec l'équipe de la pièce.
L'objectif de cette pièce de théâtre et de la soirée que nous mettons en place (expo, projections, musique et débats) est de créer une Fondation Bruno Sulak dont les objectifs seront :
1/ Développer l'accès à la culture en prison
2/ Faire reconnaître et utiliser, pour des actions de réinsertion réelles et concrètes, les talents et intelligences cachés derrière les barreaux parce que "Quand le meilleur vient du pire, il est souvent meilleur pour le plus grand nombre"
3/ Faire changer les lois pénitentiaires qui disent qu'un détenu gravement blessé ou malade, et même mort appartient à la justice et pas à sa famille qui est, le plus souvent, interdite de l'approcher, de le soutenir et même de le voir.
1/ Développer l'accès à la culture en prison
2/ Faire reconnaître et utiliser, pour des actions de réinsertion réelles et concrètes, les talents et intelligences cachés derrière les barreaux parce que "Quand le meilleur vient du pire, il est souvent meilleur pour le plus grand nombre"
3/ Faire changer les lois pénitentiaires qui disent qu'un détenu gravement blessé ou malade, et même mort appartient à la justice et pas à sa famille qui est, le plus souvent, interdite de l'approcher, de le soutenir et même de le voir.
Quelques vidéos sur TOTALVOD...
17/08/2009LES IMAGES...
Sur le site de l'INA....
Incroyable mais vrai des images pour 1 euro...
J'ai acquis pour vous ces vidéos consacrées à Bruno...
Incroyable mais vrai des images pour 1 euro...
J'ai acquis pour vous ces vidéos consacrées à Bruno...
LES IMAGES...
Élégant, charmeur, Bruno Sulak fut notamment surnommé l'«Arséne Lupin des bijouteries». Braqueur mettant un point d'honneur à ne jamais user de violence, cet ancien légionnaire fut condamné à neuf ans de prison par la cour d'assises du Tarn. Son complice, «le Yougo», perdra la vie en essayant de le faire évader par hélicoptère, avant que Bruno Sulak ne décède à son tour après une chute mortelle, lors d'une nouvelle tentative de se faire la belle.
Bruno Sulak volait par défi. Fin de cavale pour le « légionnaire cambrioleur »
Condamné en 1984, il organise aussitôt l'évasion qui lui sera fatale. Il se disait « voleur par hasard », lisait Le Clézio et écrivait tous les mois, de sa prison, une chronique dans L'Autre Journal, le mensuel de la « pensée discordante » inventé dans les années 1980 par Michel Butel. Lors de sa mort, en octobre 1985, le journal lui avait longuement rendu hommage. « Bruno Sulak n'avait commis aucune violence. Il est mort parce qu'il n'était pas un salaud, parce qu'il ne voulait pas être le héros d'une tragédie. » Pour la police, Bruno Sulak est plus simplement « le chef du gang des Yougoslaves ».
vu et pris sur Daily Motion
www.dailymotion.com/video/x6irst_bruno-sulak-braqueur-cambrioleur-af_news
Bruno Sulak volait par défi. Fin de cavale pour le « légionnaire cambrioleur »
Condamné en 1984, il organise aussitôt l'évasion qui lui sera fatale. Il se disait « voleur par hasard », lisait Le Clézio et écrivait tous les mois, de sa prison, une chronique dans L'Autre Journal, le mensuel de la « pensée discordante » inventé dans les années 1980 par Michel Butel. Lors de sa mort, en octobre 1985, le journal lui avait longuement rendu hommage. « Bruno Sulak n'avait commis aucune violence. Il est mort parce qu'il n'était pas un salaud, parce qu'il ne voulait pas être le héros d'une tragédie. » Pour la police, Bruno Sulak est plus simplement « le chef du gang des Yougoslaves ».
vu et pris sur Daily Motion
www.dailymotion.com/video/x6irst_bruno-sulak-braqueur-cambrioleur-af_news
CHUTE LIBRE...UNE CHANSON POUR BRUNO SULAK
21/11/2008SULAK ASSASSINE...
Merci à Frédéric Pagès pour ce mail-souvenir. merci pour cette chanson et la découverte de la si jolie voix de Gaelle Cotte...
"J'ai rencontré Bruno Sulak ou plutôt ses écrits dans les années 1980 en lisant les chroniques qu'il publiait à ce moment là dans l'Autre Journal. Moi-même auteur-compositeur-interprète et très lié au
Brésil j'étais particulièrement touché par ce qu'il racontait sur ce pays. J'ai été très choqué par sa mort et par les circonstances de celle-ci. A l'époque, j'avais écrit à l'Autre Journal pour manifester mon émotion et j'avais joint à mon envoi quelques textes personnels sur le Brésil, manière de lui répondre. Et l'Autre Journal avait publié ces textes... Plus tard j'ai écrit "Chute Libre", une chanson en son hommage. Gaelle Cotte, une jeune interprète de grand talent vient de l'enregistrer.
Vous pourrez l'écouter sur sa page "MySpace": "
Frédéric Pagès
www.grand-babyl.info
www.myspace.com/fredericpages
"Samedi, octobre 04, 2008
Chute Libre/ Bruno Sulak
Texte hommage à Bruno Sulak
"Chute Libre" est un texte de Frédéric Pagès mis en musique par Otso Lähdeoja et moi même...Texte hommage à Bruno Sulak : Braqueur gentleman, auteur....une vie riche en aventures ... qui se termine le 29 Mars 1985.
ECOUTER LA CHANSON "CHUTE LIBRE"
"J'ai rencontré Bruno Sulak ou plutôt ses écrits dans les années 1980 en lisant les chroniques qu'il publiait à ce moment là dans l'Autre Journal. Moi-même auteur-compositeur-interprète et très lié au
Brésil j'étais particulièrement touché par ce qu'il racontait sur ce pays. J'ai été très choqué par sa mort et par les circonstances de celle-ci. A l'époque, j'avais écrit à l'Autre Journal pour manifester mon émotion et j'avais joint à mon envoi quelques textes personnels sur le Brésil, manière de lui répondre. Et l'Autre Journal avait publié ces textes... Plus tard j'ai écrit "Chute Libre", une chanson en son hommage. Gaelle Cotte, une jeune interprète de grand talent vient de l'enregistrer.
Vous pourrez l'écouter sur sa page "MySpace": "
Frédéric Pagès
www.grand-babyl.info
www.myspace.com/fredericpages
"Samedi, octobre 04, 2008
Chute Libre/ Bruno Sulak
Texte hommage à Bruno Sulak
"Chute Libre" est un texte de Frédéric Pagès mis en musique par Otso Lähdeoja et moi même...Texte hommage à Bruno Sulak : Braqueur gentleman, auteur....une vie riche en aventures ... qui se termine le 29 Mars 1985.
ECOUTER LA CHANSON "CHUTE LIBRE"
Frédéric Pagès est un chanteur-voyageur...
A l'occasion de son numéro 60 la revue Chorus publie un numéro spécial consacré aux meilleurs albums chanson de ces 15 dernières années.
Et "Lettre-Océan" de Frédéric Pagès fait partie des Cds chroniqués dans cette édition :
"Pagès est un chanteur voyageur cultivant son art depuis vingt ans entre la France et le Brésil. Son chemin est parsemé de petits cailloux sonores qui célèbrent tous, peu ou prou, ce pays magnétique qui aimante tant notre imaginaire. C'est un voyage parallèle à celui de Blaise Cendrars que nous narre et nous chante là Frédéric Pagès. Comme l'illustre écrivain, il en tire un reportage poétique, non des "Feuilles de Route" mais tout aussi sûrement un carnet de voyages qu'il fait bon relire et écouter. UNE FORMIDABLE ET PASSIONNANTE BALLADE JOUÉE ET CHANTÉE AU RARE POUVOIR D'ÉVOCATION QU'ON SAVOURE LES YEUX FERMÉS."
EN OUTRE LA CHANSON "CARGO MIXTE" DE FRÉDÉRIC PAGÈS, EXTRAITE DU CD "LETTRE-OCÉAN" SERA EN ÉCOUTE SUR LE SITE DE CHORUS
A l'occasion de son numéro 60 la revue Chorus publie un numéro spécial consacré aux meilleurs albums chanson de ces 15 dernières années.
Et "Lettre-Océan" de Frédéric Pagès fait partie des Cds chroniqués dans cette édition :
"Pagès est un chanteur voyageur cultivant son art depuis vingt ans entre la France et le Brésil. Son chemin est parsemé de petits cailloux sonores qui célèbrent tous, peu ou prou, ce pays magnétique qui aimante tant notre imaginaire. C'est un voyage parallèle à celui de Blaise Cendrars que nous narre et nous chante là Frédéric Pagès. Comme l'illustre écrivain, il en tire un reportage poétique, non des "Feuilles de Route" mais tout aussi sûrement un carnet de voyages qu'il fait bon relire et écouter. UNE FORMIDABLE ET PASSIONNANTE BALLADE JOUÉE ET CHANTÉE AU RARE POUVOIR D'ÉVOCATION QU'ON SAVOURE LES YEUX FERMÉS."
EN OUTRE LA CHANSON "CARGO MIXTE" DE FRÉDÉRIC PAGÈS, EXTRAITE DU CD "LETTRE-OCÉAN" SERA EN ÉCOUTE SUR LE SITE DE CHORUS
LES LIVRES
Le livre tant et tant demandé et attendu est enfin réédité !!!
Il n'existait plus depuis plusieurs années...Vous me l'avez tellement demandé que voilà, il est réédité en novembre 2007, mois anniversaire de Bruno...
Attention, il est en édition limitée alors vous pouvez dès maintenant le retenir sur le site en adressant un mail à melanges@brunosulak.org
La couverture a changé mais le texte reste le même...
COMMENT COMMANDER LE LIVRE ?
Editions Mélanges
Prix : 20 euros + 8 euros de frais d'envoi par livre - payables par chèque à l'ordre de : Editions Mélanges
A renvoyer à : Editions Mélanges - 30 rue de Gramont 78240 Chambourcy mais confirmez votre commande avec votre envoi de chèque sur le mail des Editions Mélanges : MAIL
L' avantage maison, une dédicace personnalisée...
FNAC
A NOTER qu'en passant par nous le livre vous revient plus cher qu'en passant dorénavant par la FNAC...Commandez dans votre FNAC préférée et sous 5 jours il est chez vous, moins cher (prix FNAC 19 euros !!!) et Livraison gratuite !!!
Ou mieux encore commandez le sur le site FNAC
Faites au mieux pour vous mais partagez la lecture de ce livre...
melanges@brunosulak.org
Visiter le site des Editions Mélanges
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Vous pourrez y passer vos commandes et laisser des messages.
Soyez y les bienvenus et n'hésitez pas à nous contacter, nous serons heureux de vous répondre.
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couv sulak ii.pdf
(5.33 Mo)
VENDREDI 21 AOUT 2008... SUR FRANCE 5
20/08/2008SOIREE BRUNO SULAK
LES LIVRES
"Ce désert qu'est le monde, j'y verserais une larme, une de celles qui ne s'évaporent jamais" Bruno Sulak
LES LIVRES
DANS LE FIGARO LE 14 AOUT 2008...
14/08/2008SOIREE BRUNO SULAK
A voir sur Internet et à lire dans le Figaro
Bruno Sulak,
l'aventurier perdu
Étienne de Montety
13/08/2008 | Mise à jour : 18:51 | .
Élégant, charmeur, Bruno Sulak fut notamment surnommé l'«Arséne Lupin des bijouteries». Braqueur mettant un point d'honneur à ne jamais user de violence, cet ancien légionnaire fut condamné à neuf ans de prison par la cour d'assises du Tarn. Son complice, «le Yougo», perdra la vie en essayant de le faire évader par hélicoptère, avant que Bruno Sulak ne décède à son tour après une chute mortelle, lors d'une nouvelle tentative de se faire la belle. Crédits photo : AFP
ENNEMIS PUBLICS (15/18) - Épris d'action et d'aventure, refusant le recours à la violence, l'ancien légionnaire, reconverti en braqueur au début des années 1980, rêvait d'un destin de voyou au grand cœur.
Ce jour-là, le téléphone sonne dans le bureau du commissaire Moréas, à l'Office central de la répression du banditisme : «Moréas, tu me reconnais ?»
Cette voix enjouée, affectée d'un léger bégaiement, pas de doute : c'est Sulak.
Le patron de l'Office central de la répression du banditisme n'en revient pas : l'homme le plus recherché de France se paie le joli culot de lui téléphoner.
Bruno Sulak n'est pas un client ordinaire. Il est ce que les flics nomment «un beau mec» : de l'envergure, du bagout, du panache. Dès sa première arrestation, l'homme a impressionné Georges Moréas. Mieux, il l'a séduit : arrêté pour hold-up, il fait belle figure. Les juges d'instruction à ses basques ne l'intimident pas. Devant le commissaire, il est disert, négociant le sort de sa compagne, argumentant, se justifiant. Il parle de tout avec aisance, de politique, de sport, de voyages. Plus proche d'Albert Spaggiari que de Jacques Mesrine, il n'a jamais manqué à son serment de respecter les règles de l'honneur cet honneur fût-il celui des voyous : les braquages oui, mais jamais de sang, jamais de violence.
Six mois plus tard, en juillet 1982, Sulak se fait la belle : un juge de Montpellier sollicite son transfert pour une minable histoire de chèque sans provision. Dans le train qui le ramène à Lyon, des hommes surgissent, neutralisent les gendarmes qui l'escortent et voici Sulak qui disparaît dans la foule en pleine gare de Nîmes, menottes aux mains. Sa légende est en route.
À moins de 30 ans, Bruno Sulak est déjà riche d'un beau curriculum vitae : plusieurs casses et des millions de francs en poche.
Depuis son plus jeune âge, il ne tient pas en place. Gamin de Marseille, élevé face à la mer, il s'est engagé à 20 ans dans la Légion étrangère. Beau geste, mais surtout respect d'une tradition familiale. Son père est un ancien Képi blanc, ayant servi en Indochine d'où il est revenu avec un bras en moins et quelques décorations en plus.
À Calvi, où il sert dans les parachutistes, Sulak est le légionnaire Bernard Suchon. En 1978, il déserte. Pas de chance, au même moment son régiment est engagé dans l'opération «Léopard» à Kolwezi, au Zaïre. Il manque une occasion unique de se couvrir de gloire. Tant pis, il acquerra une autre gloire, en faisant les gros titres d'une autre rubrique que la rubrique militaire : celle des faits divers. Pour le Milieu, comme il y a le Mexicain ou le Corse, il va devenir le «Légionnaire». Son complice s'appelle Radisa Jovanovic ; lui, c'est le «Yougo».
Dans les mois qui suivent son évasion, les braquages se multiplient : Van Gold à Paris, rue de Caumartin, Cartier avenue Montaigne. Et la même enseigne sur la Croisette. La méthode de Sulak et Jovanovic (alias Steve) est rodée : les employés sont menottés pendant que les malfaiteurs font main basse sur les parures, colliers, et autres bracelets. Ceux-ci prennent soin d'emporter le film de la caméra de surveillance et s'enfuient à pied.
À Cannes, c'est en tenue de tennis, avec à la main un sac de sport d'où dépasse le manche d'une raquette, que Sulak opère. On ne fait pas plus smart.
Sidéré par les deux hold-up dont viennent d'être victimes ses magasins, le PDG de Cartier, Alain-Dominique Perrin, déclare : «Dans l'esprit du public, c'est une mémorisation visuelle du nom Cartier comme aucune campagne ne pourrait la créer.»
Le commissaire Moréas reçoit d'autres coups de téléphone : «C'est Bruno.» Un «Bruno» qui cherche à s'expliquer, commente son coup de la veille, exprime ses doutes. Il propose même au policier de le rencontrer, à la loyale : «Tu me donnes ta parole, tu viendras seul sans armes et ça se passera bien.» Moréas hésite, accepte. La tentation est la plus forte. Mais la rencontre ne se fera pas. Le voyou et le flic sont devenus les meilleurs ennemis du monde.
Sa réputation enfle. La presse, jamais avare de qualificatifs, le surnomme l'«Arsène Lupin des bijouteries», «le champion de la cambriole». L'opinion publique aime le bandit, qui n'a pas de sang sur les mains. Il est élégant, charmeur, il aime le risque.
Le jour où il braque Van Gold, le chancelier allemand Kohl est à Paris et c'est au cœur d'un important dispositif de sécurité que le Légionnaire s'offre le luxe d'accomplir son méfait.
On raconte qu'au cours d'un de ses braquages, dans une bijouterie, une jolie femme noire est en train d'essayer une bague. Au moment de quitter les lieux, Sulak la lui glisse galamment au doigt.
Lupin est aussi Robin des bois quand, faut-il l'en croire ?, avisant sur les marches du métro une vieille mendiante, il lui achète un bouquet de violettes et lui tend une liasse de vingt billets de 500 F. Si non e vero.
Son allure sportive, son visage barré d'un sourire d'enfant heureux sont ses meilleurs atouts : il semble séduire tout le monde, même Dame la Chance.
Un jour cependant, au cours d'un braquage à Thionville, l'affaire est à deux doigts de tourner vilain. Sulak est contraint de prendre un otage et menace les policiers avec une grenade dégoupillée.
Trois jours après, il appelle Moréas, ébranlé : «Tu as raison. Je suis un danger pour la société.» Est-ce la peur du casse de trop, celui qui lui ferait rompre son serment d'honneur ? Il se fait oublier en gagnant le Brésil.
Mais la retraite n'est pas son fort. Il retrouve l'Europe au bout de quelques mois. En février 1984, il est arrêté à la frontière espagnole, près d'Hendaye. Sa voiture figure au registre des voitures volées. Il tente de raconter une belle histoire, celle d'un photographe fantasque nommé Savic, fuyant une épouse abusive. Les policiers mettront plusieurs jours à faire le lien entre le jeune escroc des Pyrénées et celui qu'ils recherchent. Alors qu'ils s'apprêtent à le remettre en liberté en échange d'une simple caution, ils s'avisent que les empreintes de Savic sont les mêmes que celles d'un dénommé Sulak.
Le voici en prison, d'abord à Bayonne puis à Gradignan. Avec la ferme intention de se faire la belle. En 1980, à Albi, n'est-il pas parvenu à s'enfuir en sciant les barreaux de sa cellule ? Aucune porte, aucun mur ne paraît en mesure de résister à son charme. De son côté, son ami Jovanovic tente le tout pour le tout. Il imagine de faire évader Sulak de la prison par hélicoptère en obligeant le pilote à se poser dans la cour. Le 11 février 1984, il se présente dans une société de location d'avions. Mais au lieu d'un employé qui lui remettrait les clés de l'hélicoptère qu'il a loué, c'est la police qui l'accueille. Une fusillade éclate et le Yougo est tué. Sur lui, les policiers trouvent un plan de la prison de Gradignan, des faux papiers. L'évasion de Sulak était programmée à la minute près. La baraka, jusqu'ici sa meilleure amie, paraît l'avoir plaqué.
À son procès, il prend neuf ans. En attendant le jugement de toutes les affaires qui devraient lui valoir un bail de longue durée derrière les barreaux, il purge sa peine à Fleury-Mérogis. Il lit des récits de Le Clézio, philosophe, raconte ses aventures dans L'Autre Journal, le magazine anar de Michel Butel. Il écrit : «Je n'ai jamais réussi à décoller de l'enfance, des contes des Mille et Une Nuits, rêves d'enfant, réincarnation de Villon, Cartouche.»
Dans la nuit du 17 au 18 mars 1985, Sulak sort de sa cellule. Tout se passe sans anicroche. Ou presque. Son évasion est découverte. Échappant à ses poursuivants, il saute du deuxième étage du bâtiment. Pour un légionnaire, un saut ordinaire. Mais ce jour-là, l'ancien chuteur fait une chute mortelle. Il expirera quelques jours après, des suites de ses blessures : poussé par quelqu'un ? Gêné dans sa chute ?
Le mystère demeure, alimenté par sa famille et ses admirateurs.
Quelques semaines plus tard, le directeur adjoint de la prison et un gardien sont arrêtés pour complicité. Sulak le séducteur leur avait promis millions et merveilles en échange de talkies-walkies, d'explosifs et de complicités internes. Même en prison, il n'avait pas renoncé à offrir du rêve.
Bruno Sulak,
l'aventurier perdu
Étienne de Montety
13/08/2008 | Mise à jour : 18:51 | .
Élégant, charmeur, Bruno Sulak fut notamment surnommé l'«Arséne Lupin des bijouteries». Braqueur mettant un point d'honneur à ne jamais user de violence, cet ancien légionnaire fut condamné à neuf ans de prison par la cour d'assises du Tarn. Son complice, «le Yougo», perdra la vie en essayant de le faire évader par hélicoptère, avant que Bruno Sulak ne décède à son tour après une chute mortelle, lors d'une nouvelle tentative de se faire la belle. Crédits photo : AFP
ENNEMIS PUBLICS (15/18) - Épris d'action et d'aventure, refusant le recours à la violence, l'ancien légionnaire, reconverti en braqueur au début des années 1980, rêvait d'un destin de voyou au grand cœur.
Ce jour-là, le téléphone sonne dans le bureau du commissaire Moréas, à l'Office central de la répression du banditisme : «Moréas, tu me reconnais ?»
Cette voix enjouée, affectée d'un léger bégaiement, pas de doute : c'est Sulak.
Le patron de l'Office central de la répression du banditisme n'en revient pas : l'homme le plus recherché de France se paie le joli culot de lui téléphoner.
Bruno Sulak n'est pas un client ordinaire. Il est ce que les flics nomment «un beau mec» : de l'envergure, du bagout, du panache. Dès sa première arrestation, l'homme a impressionné Georges Moréas. Mieux, il l'a séduit : arrêté pour hold-up, il fait belle figure. Les juges d'instruction à ses basques ne l'intimident pas. Devant le commissaire, il est disert, négociant le sort de sa compagne, argumentant, se justifiant. Il parle de tout avec aisance, de politique, de sport, de voyages. Plus proche d'Albert Spaggiari que de Jacques Mesrine, il n'a jamais manqué à son serment de respecter les règles de l'honneur cet honneur fût-il celui des voyous : les braquages oui, mais jamais de sang, jamais de violence.
Six mois plus tard, en juillet 1982, Sulak se fait la belle : un juge de Montpellier sollicite son transfert pour une minable histoire de chèque sans provision. Dans le train qui le ramène à Lyon, des hommes surgissent, neutralisent les gendarmes qui l'escortent et voici Sulak qui disparaît dans la foule en pleine gare de Nîmes, menottes aux mains. Sa légende est en route.
À moins de 30 ans, Bruno Sulak est déjà riche d'un beau curriculum vitae : plusieurs casses et des millions de francs en poche.
Depuis son plus jeune âge, il ne tient pas en place. Gamin de Marseille, élevé face à la mer, il s'est engagé à 20 ans dans la Légion étrangère. Beau geste, mais surtout respect d'une tradition familiale. Son père est un ancien Képi blanc, ayant servi en Indochine d'où il est revenu avec un bras en moins et quelques décorations en plus.
À Calvi, où il sert dans les parachutistes, Sulak est le légionnaire Bernard Suchon. En 1978, il déserte. Pas de chance, au même moment son régiment est engagé dans l'opération «Léopard» à Kolwezi, au Zaïre. Il manque une occasion unique de se couvrir de gloire. Tant pis, il acquerra une autre gloire, en faisant les gros titres d'une autre rubrique que la rubrique militaire : celle des faits divers. Pour le Milieu, comme il y a le Mexicain ou le Corse, il va devenir le «Légionnaire». Son complice s'appelle Radisa Jovanovic ; lui, c'est le «Yougo».
Dans les mois qui suivent son évasion, les braquages se multiplient : Van Gold à Paris, rue de Caumartin, Cartier avenue Montaigne. Et la même enseigne sur la Croisette. La méthode de Sulak et Jovanovic (alias Steve) est rodée : les employés sont menottés pendant que les malfaiteurs font main basse sur les parures, colliers, et autres bracelets. Ceux-ci prennent soin d'emporter le film de la caméra de surveillance et s'enfuient à pied.
À Cannes, c'est en tenue de tennis, avec à la main un sac de sport d'où dépasse le manche d'une raquette, que Sulak opère. On ne fait pas plus smart.
Sidéré par les deux hold-up dont viennent d'être victimes ses magasins, le PDG de Cartier, Alain-Dominique Perrin, déclare : «Dans l'esprit du public, c'est une mémorisation visuelle du nom Cartier comme aucune campagne ne pourrait la créer.»
Le commissaire Moréas reçoit d'autres coups de téléphone : «C'est Bruno.» Un «Bruno» qui cherche à s'expliquer, commente son coup de la veille, exprime ses doutes. Il propose même au policier de le rencontrer, à la loyale : «Tu me donnes ta parole, tu viendras seul sans armes et ça se passera bien.» Moréas hésite, accepte. La tentation est la plus forte. Mais la rencontre ne se fera pas. Le voyou et le flic sont devenus les meilleurs ennemis du monde.
Sa réputation enfle. La presse, jamais avare de qualificatifs, le surnomme l'«Arsène Lupin des bijouteries», «le champion de la cambriole». L'opinion publique aime le bandit, qui n'a pas de sang sur les mains. Il est élégant, charmeur, il aime le risque.
Le jour où il braque Van Gold, le chancelier allemand Kohl est à Paris et c'est au cœur d'un important dispositif de sécurité que le Légionnaire s'offre le luxe d'accomplir son méfait.
On raconte qu'au cours d'un de ses braquages, dans une bijouterie, une jolie femme noire est en train d'essayer une bague. Au moment de quitter les lieux, Sulak la lui glisse galamment au doigt.
Lupin est aussi Robin des bois quand, faut-il l'en croire ?, avisant sur les marches du métro une vieille mendiante, il lui achète un bouquet de violettes et lui tend une liasse de vingt billets de 500 F. Si non e vero.
Son allure sportive, son visage barré d'un sourire d'enfant heureux sont ses meilleurs atouts : il semble séduire tout le monde, même Dame la Chance.
Un jour cependant, au cours d'un braquage à Thionville, l'affaire est à deux doigts de tourner vilain. Sulak est contraint de prendre un otage et menace les policiers avec une grenade dégoupillée.
Trois jours après, il appelle Moréas, ébranlé : «Tu as raison. Je suis un danger pour la société.» Est-ce la peur du casse de trop, celui qui lui ferait rompre son serment d'honneur ? Il se fait oublier en gagnant le Brésil.
Mais la retraite n'est pas son fort. Il retrouve l'Europe au bout de quelques mois. En février 1984, il est arrêté à la frontière espagnole, près d'Hendaye. Sa voiture figure au registre des voitures volées. Il tente de raconter une belle histoire, celle d'un photographe fantasque nommé Savic, fuyant une épouse abusive. Les policiers mettront plusieurs jours à faire le lien entre le jeune escroc des Pyrénées et celui qu'ils recherchent. Alors qu'ils s'apprêtent à le remettre en liberté en échange d'une simple caution, ils s'avisent que les empreintes de Savic sont les mêmes que celles d'un dénommé Sulak.
Le voici en prison, d'abord à Bayonne puis à Gradignan. Avec la ferme intention de se faire la belle. En 1980, à Albi, n'est-il pas parvenu à s'enfuir en sciant les barreaux de sa cellule ? Aucune porte, aucun mur ne paraît en mesure de résister à son charme. De son côté, son ami Jovanovic tente le tout pour le tout. Il imagine de faire évader Sulak de la prison par hélicoptère en obligeant le pilote à se poser dans la cour. Le 11 février 1984, il se présente dans une société de location d'avions. Mais au lieu d'un employé qui lui remettrait les clés de l'hélicoptère qu'il a loué, c'est la police qui l'accueille. Une fusillade éclate et le Yougo est tué. Sur lui, les policiers trouvent un plan de la prison de Gradignan, des faux papiers. L'évasion de Sulak était programmée à la minute près. La baraka, jusqu'ici sa meilleure amie, paraît l'avoir plaqué.
À son procès, il prend neuf ans. En attendant le jugement de toutes les affaires qui devraient lui valoir un bail de longue durée derrière les barreaux, il purge sa peine à Fleury-Mérogis. Il lit des récits de Le Clézio, philosophe, raconte ses aventures dans L'Autre Journal, le magazine anar de Michel Butel. Il écrit : «Je n'ai jamais réussi à décoller de l'enfance, des contes des Mille et Une Nuits, rêves d'enfant, réincarnation de Villon, Cartouche.»
Dans la nuit du 17 au 18 mars 1985, Sulak sort de sa cellule. Tout se passe sans anicroche. Ou presque. Son évasion est découverte. Échappant à ses poursuivants, il saute du deuxième étage du bâtiment. Pour un légionnaire, un saut ordinaire. Mais ce jour-là, l'ancien chuteur fait une chute mortelle. Il expirera quelques jours après, des suites de ses blessures : poussé par quelqu'un ? Gêné dans sa chute ?
Le mystère demeure, alimenté par sa famille et ses admirateurs.
Quelques semaines plus tard, le directeur adjoint de la prison et un gardien sont arrêtés pour complicité. Sulak le séducteur leur avait promis millions et merveilles en échange de talkies-walkies, d'explosifs et de complicités internes. Même en prison, il n'avait pas renoncé à offrir du rêve.
A voir également sur le site du figaro 5 vidéos de l'INA...
» VIDÉO INA - Le hold-up de la bijouterie Cartier à Cannes, en août 1983
» VIDÉO INA - Le procès de Bruno Sulak, en mars 1984
» VIDÉO INA - Sa tentative d'évasion fatale en mars 1985
» VIDÉO INA - Ses complices au sein de la prison identifiés
» VIDÉO INA - L'annonce de la mort de Bruno Sulak
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SOIREE BRUNO SULAK
Dans la cadre d'une soirée thématique de "13ème soir " de Thomas Hugues sur 13ème Rue, un documentaire fera une place à Bruno Sulak...
Soirée à découvrir à partir de 20h50 avec un film suivi du documentaire et d'une rencontre "la 13ème question" proposée par Thomas Hugues avec une personnalité sur le sujet thématique.
A noter également, le 14 Août, un article sur Bruno Sulak dans Le Figaro page 2
Le 13ème Soir, chaque 13 du mois sur 13ème RUE
Un rendez-vous inédit, original et événementiel conduit et incarné par un journaliste reconnu. À chaque mois son entretien, à chaque thématique ses spécialistes, à chaque intervenant son face à face (« La 13ème question »).
Chaque 13 du mois, Thomas Hugues revient sur une affaire ou un sujet d’actualité, en relation avec la thématique de la chaîne, illustré par une fiction, un documentaire et la 13ème question, interview exclusif d’un expert, témoin clé ou protagoniste du sujet traitées.
Émission vitrine de la chaîne, LE 13ème SOIR propose des films de qualité, des documentaires inédits, des productions internes… mais aussi des échanges passionnants entre le présentateur et son invité.
Se rendre sur le site 13ème Rue
Soirée à découvrir à partir de 20h50 avec un film suivi du documentaire et d'une rencontre "la 13ème question" proposée par Thomas Hugues avec une personnalité sur le sujet thématique.
A noter également, le 14 Août, un article sur Bruno Sulak dans Le Figaro page 2
Le 13ème Soir, chaque 13 du mois sur 13ème RUE
Un rendez-vous inédit, original et événementiel conduit et incarné par un journaliste reconnu. À chaque mois son entretien, à chaque thématique ses spécialistes, à chaque intervenant son face à face (« La 13ème question »).
Chaque 13 du mois, Thomas Hugues revient sur une affaire ou un sujet d’actualité, en relation avec la thématique de la chaîne, illustré par une fiction, un documentaire et la 13ème question, interview exclusif d’un expert, témoin clé ou protagoniste du sujet traitées.
Émission vitrine de la chaîne, LE 13ème SOIR propose des films de qualité, des documentaires inédits, des productions internes… mais aussi des échanges passionnants entre le présentateur et son invité.
Se rendre sur le site 13ème Rue
BRUNO SULAK EN SERBE...
25/11/2007ILS ONT ECRIT POUR LUI...
Si quelqu'un a la possibilitéde nous traduire cet article paru sur le net sur un site serbe...Il serait le bienvenu...
Merci. Pauline Sulak
L'article complet est en tléchargement.
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BRUNO SULAK PRESSE5.pdf
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OPTIMUM - NOVEMBRE 2007/5
25/11/2007SULAK ASSASSINE...
OPTIMUM NOVEMBRE 2007.pdf
(2.15 Mo)
OPTIMUM - NOVEMBRE 2007/4
25/11/2007SULAK ASSASSINE...
OPTIMUM NOVEMBRE 2007.pdf
(2.15 Mo)
OPTIMUM - NOVEMBRE 2007/2
25/11/2007SULAK ASSASSINE...
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OPTIMUM - NOVEMBRE 2007/3
25/11/2007SULAK ASSASSINE...
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OPTIMUM - NOVEMBRE 2007/1
25/11/2007SULAK ASSASSINE...
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GEORGES MOREAS...se souvient...
25/11/2007SULAK ASSASSINE...
Bruno Sulak – Le 25 janvier 1982, Bruno Sulak est interpellé à Paris. C’est le résultat de huit mois de travail soutenu, pour tout un groupe de l’OCRB. Car, le bougre, il nous a donné du fil à retordre !
Il faut dire que l’appât ne manque pas de charme. Elle se prénomme Chantal... Sulak, c’est le genre de type qui te réconcilie avec ton métier. C’est un voleur. Il assume. On lui pose des questions, il y répond. Et il ne balance pas ses copains. Ce qui ne nous arrange pas, mais on apprécie. Il part pour la prison avec une douzaine de braquages sur la conscience, notamment au préjudice de grandes bijouteries. Il n’y restera pas longtemps.
Le 21 juillet, dans le train Montpellier-lyon, deux hommes braquent les gendarmes qui l’escortent, et il prend la poudre d’escampette. Durant cette cavale, il m’appelle régulièrement, non pas pour m’insulter ou me provoquer, mais juste pour parler – ou pour se faire peur. À tel point que de gentils collègues font courir des bruits sur ces relations «contre-nature» et je suis contraint de me justifier auprès de ma hiérarchie et du magistrat instructeur.
Le 12 novembre, un copain de Sulak, Jean-Louis Secreto, s’évade de la maison d’arrêt où il est incarcéré, grâce à une complicité extérieure. Futés, on se dit : Tiens, si c’était Sulak ! Deux mois plus tard, une patrouille du commissariat des Mureaux, dans les Yvelines, se permet « un délit de sale gueule » envers deux occupants d’une voiture. Il s’agit de Marc Mill, une relation de notre évadé, et Anthony Delon, le fils du comédien. Dans le véhicule, ils découvrent des cagoules et un pistolet MAC 50, qui, vérification faite, est l’une des armes volées aux gendarmes dans le train Montpellier-Lyon. On avance, on avance. Mais, le fils d’Alain Delon soupçonné de tentative de braquage, ça intéresse les médias. Je passe mon temps à rédiger des notes à Pierre, Paul et Jacques, pour expliquer le pourquoi du comment. L’influence de Delon est énorme. Son fils ne restera qu’une semaine ou deux derrière les barreaux, et la presse, courageusement, oubliera l’incident. La justice aussi, semble-t-il.
Quant à Sulak, il est interpellé bien plus tard, à la frontière espagnole, avec de faux papiers. Il revient du Brésil. Il se fait passer pour un journaliste suédois homosexuel qui fuit pour échapper aux poursuites de sa femme. C’est tellement gros, et tellement bien joué, que tout le monde y croit. Il est écroué sous une fausse identité. Un délit bien mineur pour lui. Il faudra le flair d’un vieux routier de l’OCRB pour le percer à jour. In extremis. «À un jour près, j’étais libre, cette sacrée chance m’a bel et bien laissé tomber…» Cette phrase est une citation du livre de Pauline Sulak, Bruno Sulak, aux éditions Carrère.
Il ne savait pas à quel point il disait vrai. Un peu plus tard, avec son complice (et ami) Radisa Jovanovic, dit Steves, il organise son évasion par hélicoptère. Mais la police de l’air et des frontières (PAF) a eu vent de l’opération. Le SRPJ de Bordeaux est informé – mais pas l’OCRB. Une souricière est tendue, au cours de laquelle Steves est abattu. Sulak en veut à la terre entière. Et surtout aux flics pour avoir (d’après lui) tiré trop vite et sans doute à lui-même pour avoir entraîné son ami dans cette galère.
De procès en procès, il se retrouve à Fleury-Mérogis. C’est un détenu sans histoire. Il intériorise sa révolte et la communique dans l’Autre Journal. Seule sa notoriété lui vaut parfois des accrochages avec un geôlier grincheux ou un compagnon d’infortune envieux. La prison est une microsociété qui amplifie les imperfections de la société tout court. En mars 1985, après avoir convaincu un jeune cadre de l’administration pénitentiaire de l’aider, il tente de s’évader. Il est surpris par des gardiens, et, après une courte lutte, il fait une chute de sept mètres. Il s’écrase sur une dalle en ciment. À ce jour, ses proches sont encore persuadés qu’il a été assassiné.
moreas@club.lemonde.fr
Il faut dire que l’appât ne manque pas de charme. Elle se prénomme Chantal... Sulak, c’est le genre de type qui te réconcilie avec ton métier. C’est un voleur. Il assume. On lui pose des questions, il y répond. Et il ne balance pas ses copains. Ce qui ne nous arrange pas, mais on apprécie. Il part pour la prison avec une douzaine de braquages sur la conscience, notamment au préjudice de grandes bijouteries. Il n’y restera pas longtemps.
Le 21 juillet, dans le train Montpellier-lyon, deux hommes braquent les gendarmes qui l’escortent, et il prend la poudre d’escampette. Durant cette cavale, il m’appelle régulièrement, non pas pour m’insulter ou me provoquer, mais juste pour parler – ou pour se faire peur. À tel point que de gentils collègues font courir des bruits sur ces relations «contre-nature» et je suis contraint de me justifier auprès de ma hiérarchie et du magistrat instructeur.
Le 12 novembre, un copain de Sulak, Jean-Louis Secreto, s’évade de la maison d’arrêt où il est incarcéré, grâce à une complicité extérieure. Futés, on se dit : Tiens, si c’était Sulak ! Deux mois plus tard, une patrouille du commissariat des Mureaux, dans les Yvelines, se permet « un délit de sale gueule » envers deux occupants d’une voiture. Il s’agit de Marc Mill, une relation de notre évadé, et Anthony Delon, le fils du comédien. Dans le véhicule, ils découvrent des cagoules et un pistolet MAC 50, qui, vérification faite, est l’une des armes volées aux gendarmes dans le train Montpellier-Lyon. On avance, on avance. Mais, le fils d’Alain Delon soupçonné de tentative de braquage, ça intéresse les médias. Je passe mon temps à rédiger des notes à Pierre, Paul et Jacques, pour expliquer le pourquoi du comment. L’influence de Delon est énorme. Son fils ne restera qu’une semaine ou deux derrière les barreaux, et la presse, courageusement, oubliera l’incident. La justice aussi, semble-t-il.
Quant à Sulak, il est interpellé bien plus tard, à la frontière espagnole, avec de faux papiers. Il revient du Brésil. Il se fait passer pour un journaliste suédois homosexuel qui fuit pour échapper aux poursuites de sa femme. C’est tellement gros, et tellement bien joué, que tout le monde y croit. Il est écroué sous une fausse identité. Un délit bien mineur pour lui. Il faudra le flair d’un vieux routier de l’OCRB pour le percer à jour. In extremis. «À un jour près, j’étais libre, cette sacrée chance m’a bel et bien laissé tomber…» Cette phrase est une citation du livre de Pauline Sulak, Bruno Sulak, aux éditions Carrère.
Il ne savait pas à quel point il disait vrai. Un peu plus tard, avec son complice (et ami) Radisa Jovanovic, dit Steves, il organise son évasion par hélicoptère. Mais la police de l’air et des frontières (PAF) a eu vent de l’opération. Le SRPJ de Bordeaux est informé – mais pas l’OCRB. Une souricière est tendue, au cours de laquelle Steves est abattu. Sulak en veut à la terre entière. Et surtout aux flics pour avoir (d’après lui) tiré trop vite et sans doute à lui-même pour avoir entraîné son ami dans cette galère.
De procès en procès, il se retrouve à Fleury-Mérogis. C’est un détenu sans histoire. Il intériorise sa révolte et la communique dans l’Autre Journal. Seule sa notoriété lui vaut parfois des accrochages avec un geôlier grincheux ou un compagnon d’infortune envieux. La prison est une microsociété qui amplifie les imperfections de la société tout court. En mars 1985, après avoir convaincu un jeune cadre de l’administration pénitentiaire de l’aider, il tente de s’évader. Il est surpris par des gardiens, et, après une courte lutte, il fait une chute de sept mètres. Il s’écrase sur une dalle en ciment. À ce jour, ses proches sont encore persuadés qu’il a été assassiné.
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LE MONDE 1984
25/11/2007SULAK ASSASSINE...
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21/11/2007LES LIVRES
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JOURNAL L'Envolée - 2001
20/11/2007SES ECRITS...A LUI !
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SA PROF DE FRANCAIS EN PRISON 1...
26/02/2007ILS ONT ECRIT POUR LUI...
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